Analyse de l'oeuvre engagée : le Chant des Partisans

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Cours

Par shepparddu15

Thématiques : Le Chant des Partisans Musique

Mise à jour le 11-06-2012

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INTRODUCTION : PRESENTATION DU « CHANT DES PARTISANS » 

 

Nature de l’oeuvre : 

Chant populaire, patriotique, c’est l’hymne de la Résistance française durant l’occupation de la France par l’Allemagne nazie, pendant la 2ème Guerre Mondiale. 

 

Origine de l’oeuvre : 

Le Chant des Partisans, « La Marseillaise de la Résistance », fut créé en 1943 à Londres. 

Les paroles sont de Joseph KESSEL et Maurice DRUON. La musique est de Anna MARLY. 

 

Contexte historique : 

Pendant la Seconde Guerre Mondiale (1943). 

Après l’invasion de la France par les Nazis. Des Hommes et des Femmes se sont levés pour libérer la France du joug allemand: les PARTISANS 

 

Contexte de l’interprétation : 

Mouvement de résistance face à la guerre, à la xénophobie (peur de l’étranger, racisme) et à l’antisémitisme des Nazis, c’est un hymne à la fraternité patriotique et à la liberté.  

 

 

I. DESCRIPTION ET ANALYSE

 

Le Chant des Partisans a donné lieu à de nombreuses interprétations, tout d’abord celle d’Anna MARLY, sa créatrice, puis Germaine Sablon, Johnny Hallyday, Jean Ferrat, Charles Aznavour, Joan Baez, Line Renaud… et à des reprises comme celle de ZEBDA. 

J’ai choisi de vous présenter la version interprétée par Yves MONTAND.

 

C’est un chant de combat, un appel intemporel à résister, mais aussi un hymne à la fraternité et à l’espoir. 

C’est un appel à la lutte pour la Liberté qui galvanisera tous les Peuples opprimés auxquels il s’adresse. 

Le texte, le poids des mots, et la musique ont la même importance et ne peuvent aller l’un sans l’autre, ils sont indissociables. Tout est fait pour montrer l’intensité de la situation. 

 

 

1/ Les paroles 

 

Du fait de la richesse du texte, je commenterai principalement les strophes 1 et 2 : 

 

Strophe 1 : 

« Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ? Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme. Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.» 

Rappel de la situation désespérée de la France (1-2), puis lueur d’espoir (3-4) 

 

Mots-clés 

- «Ami » : celui à qui on peut tout dire et avec qui on partage tout et qui va être avec nous contre les autres 

- « entends-tu » : l'auditeur est sollicité, interpellé, est-ce que je suis le seul à entendre ? Est-ce que d’autres entendent comme moi ? 

- « vol » : on fait allusion aux raids aériens des avions allemands, les « stukas », qui ont bombardé la France et, donc, ont poussé les civils Français sur les routes, en exode. 

- « noir » : comme la couleur de l’uniforme des SS, noir comme la mort, le deuil) 

- « corbeaux » : charognards planant au-dessus des cadavres, auxquels sont comparés les Allemands qui tuent, pillent le pays et se repaissent des dépouilles. Le corbeau représente toujours une menace. 

- « nos » : notre pays envahi et occupé par les Allemands. 

- « plaines » : la plaine est un grand espace plat où il est impossible de se cacher. 

Dans la plaine, les proies sont à la merci des prédateurs. 

- « cris sourds » : ceux des prisonniers torturés par les SS, des civils terrorisés par les bombes. Les Français ont peur de l’occupant Allemand. 

- « Pays qu’on enchaîne » : la France souffre d’être esclave de l’occupant Allemand. 

Les paroles du Chant des Partisans ne citent jamais les Allemands, tout n’est qu’allusion, symbole, sous-entendus, mais, dans le contexte de l’époque tout le monde sait de qui on parle 

- « Ohé partisans, ouvriers, paysans » : c’est la France profonde, rurale, industrielle qui est interpellée, la France secrète composée de combattants volontaires, prêts à défendre leur liberté.  

- « alarme » : alerte, il faut réagir, il y a urgence.

- « ce soir » : la France va réagir vite, maintenant ! 

- « l’ennemi » : toujours pas de nom. 

- « connaîtra le prix du sang et des larmes » : Vengeance ! Les Allemands vont payer pour le mal qu’ils ont fait à la France. 

Cette strophe constitue l’appel d’une Nation à se réveiller face à l’Ennemi. 

Après la peur et la douleur c’est l’espoir qui prédomine. 

 

 

Strophe 2 : 

« Montez de la mine, descendez des collines, camarades ! Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades. Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite ! Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite... » 

 

Mots clés : 

- « mine », « collines » : c’est la France laborieuse, celle de l’industrie et de la campagne qui se soulève 

- « camarades » : connotation politique de gauche (communistes) et fraternelle 

- « sortez de la paille… » La France rurale est toujours prête à défendre sa liberté, les armes étaient là, n’attendant qu’un signal, le voici ! 

- « tueurs », « balle », « couteau », « saboteur », « dynamite » : tous les moyens sont bons pour vaincre, l’essentiel est de tuer le plus d’ennemis possible 

Après la souffrance, l’espoir, c’est la haine et la violence qui vont permettre de sauver la France de l’Occupation, il ne faut reculer devant rien. Il s’agit d’une vrai guerre menée, non par des soldats, mais par des Partisans ayant soif de liberté. 

 

 

Strophe 3 : 

« C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères. La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère. Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves. Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève... » 

 

Mots clés : 

- « briser », « barreaux », « prison » : symboles de la libération du pays, la fin de la répression 

- « frères » : la fraternité impose la défense des plus faibles du groupe 

- « haine », « misère » ce sont les moteurs de la résistance 

- « rêves » « marche », « tue », « crève », il n’y plus de place pour le rêve dans cette France qui veut, qui doit se libérer du joug de l’Ennemi, L’appel de la Nation à voir au-delà de sa propre misère : ailleurs, la paix est possible, donc pourquoi pas ici ? 

 

 

Strophe 4 : 

« Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe. Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place. Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes. Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute » 

 

Mots-clés :  

- « veut », « passe » : chacun, veut la liberté et sait ce qu’ils a à faire pour la conquérir.

- « Ami », « tomber » « ombre », « place » : la Résistance est un mouvement confraternel, le chant est cependant réaliste, nul n’est à l’abri de la mort, mais peu importe la mort des uns ou des autres, ce qui compte c’est que la relève soit toujours assurée pour vaincre 

- « sang noir », la couleur noire est celle des SS allemands, 

- « grand soleil », la liberté retrouvée, la fin de la nuit et de la souffrance 

- « Chantez », « nuit », « liberté » : lorsque l’on est heureux, on chante, malgré l’obscurité de l’occupation, la liberté est là, toute proche, ESPEREZ ! 

 

 

II. LA MUSIQUE 

 

Analyse musicale de la version chantée par Yves MONTAND. 

 

1 / Instruments 

 

Essentiellement l’accordéon. 

 

2 / Tempo et Rythme 

 

Tempo modéré, rythme binaire (marche militaire). 

Le chant des Partisans comprend quatre strophes sans refrain, toutes chantées sur une même mélodie, c’est donc une « forme strophique ». 

Chaque strophe reprend la même musique : la deuxième strophe est plus intense que la première, la troisième et la quatrième strophes ont une intensité de même niveau, un peu en-dessous de celle de la deuxième. 

 

Motifs 1) Sur deux vers : la-ré (« Ami entends-tu le vol noir… ») 

2) Sur deux vers : la-fa# (« Ohé, partisans, ouvriers et paysans ») 

 

3 / Voix 

 

Chanté à voix basse, sifflé sourdement, ce chant évoque la chape de plomb qui s’est abattue sur le pays occupé, la censure, les souffles et les murmures de la clandestinité. 

Après un ordre crié en allemand, on entend un chant patriotique allemand ainsi que des bruits de bottes, puis deux sifflements, comme pour attirer l’attention de celui qui écoute, mais surtout de ceux qui sont tapis dans l’ombre. 

La première strophe est parlée pour dramatiser le discours, elle est accompagnée des bruits de bottes qui dominent presque la voix du narrateur. Yves MONTAND insiste sur certains mots « alarme », « sang », « larmes »…. 

Puis, comme une lueur d’espoir, l’accordéon, instrument français par excellence, introduit la deuxième strophe. Pendant un temps, les bruits de bottes accompagnent l’accordéon, doucement les bottes s’éloignent pour disparaître. L’espoir renaît. 

A certains moments Yves MONTAND donne même une impression de douceur « il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves », elle est très fugace, la dureté et la sauvagerie reviennent et sont suivies du chant allemand, sans doute le plus « célèbre » de cette période : «  HEILI, HEILO, HEILA ». Les Allemands sont toujours là et les bruits de bottes reviennent un peu comme un refrain. Mais ils ne durent pas longtemps. 

Enfin, la dernière strophe est chantée « a cappella », accompagnée par un choeur, pour se terminer dans une envolée vers l’espoir… 

Le chant débute « pianissimo », puis augmente par la suite « crescendo » pour arriver sur une intensité forte au milieu de la chanson, puis il diminue « decrescendo » jusqu’au refrain qui est fredonné. Comme si un bataillon venait vers vous, passait, puis repartait au loin. 

La nuance « pianissimo » donne l’impression qu’il se trame quelque chose chez les Partisans, comme s’ils allaient attaquer… 

 

4 / Description de la pochette du disque. 

 

Il existe plusieurs versions interprétées par Yves MONTAND, à chaque version correspond une jaquette différente. 

J’ai choisi celle-ci représentant le drapeau Français déchiré, qui symbolise une France meurtrie. 

Mais notre drapeau flotte quand même, fièrement, au vent ! 

Ce disque est sorti en Décembre 1968 chez CBS avec une photo de Jacques PAVLOWSKI

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london2212

il est tres bien formulée cela va m'aider pour mon hida

par - le 13/04/2014
doudou1972

Génial, c'est exactement ce qui me fallait pour mon DM d'histoire. Merci

par - le 06/04/2014
Killian22

Merci beaucoup, cela va vraiment m'aider cette année pour mon Histoire des arts. J'espère vraiment le réussir!!! Merci encore et pour répondre a ta question elise99 , mon cousin a fait cette oeuvre et il a eu 18.5!

par - le 25/03/2014
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« - Ce document manque d'exemples , d'astuces. mais quand même très intéressant.»

london2212 au sujet de Analyse de l'oeuvre engagée : le Chant des Partisans

« - il est tres bien formulée cela va m'aider pour mon hida»

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« - Super merci! Il ne manque qu'un diapo et c'est parfait ^^»

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