Correction Français Brevet Professionnel Métropole 2017

Correction Français Brevet Professionnel Métropole 2017

Découvrez la correction de l'épreuve de Français du Brevet Professionnel de Métropole 2017.

Dans se sujet il fallait étudier un texte d'Irène Nemirovsky ainsi qu'une photo puis faire une réécriture, une dictée et un travail d'écriture. Le thème abordé était la Seconde Guerre Mondiale et le sujet était sans grande difficulté.

Téléchargez gratuitement ci-dessous le corrigé de français du Brevet Professionnel de Métropole 2017.

Correction Français Brevet Professionnel Métropole 2017

Le contenu du document


 

PRESENTATION : Le texte est extrait d'une nouvelle d'Irène Nemirovsky, Suite Française. Elle y décrit la fuite d'une famille française durant la Seconde Guerre Mondiale.

C'est un sujet classique et sans difficulté hormis le fait qu'il faut toujours penser à justifier les réponses à l'aide du texte.

 

QUESTIONS 

 

1. Lignes 1 à 8 : La famille Péricand veut emporter beaucoup de choses dans sa fuite.

 

a) Donnez trois exemples d’objets qui ne vous paraissent pas vraiment indispensables dans ces circonstances. (1,5 point)

La famille Péricand part en effet en catastrophe et souhaite emmener le plus de choses possibles : certaines ne sont pas indispensables comme « le matelas doux et profond, la corbeille du chat, ces grands draps brodés ».

b) Pourquoi, selon vous, les Péricand ne veulent-ils pas les laisser ? (2 points)

Nous pouvons penser qu'ils ne veulent pas les laisser car ce sont des gens qui sont attachés à ces objets qui sont dans la famille depuis longtemps : « le matelas doux et profond qui depuis vingt-huit ans ornait le lit conjugal ».

 

2. « La nuit était proche mais la voiture des Péricand attendait encore à la porte » (ligne 1). La famille Péricand est en retard et n’a pas encore pu quitter Paris :

 

a) Quelle est la première raison de ce retard ? (2 points)

La raison de ce retard est que la mère de famille attend que ses draps reviennent de la blanchisserie : «Il semblait impossible d’abandonner ces grands draps brodés ».

 

b) Lignes 15 à 21 : Identifiez au moins une autre raison qui a empêché la famille Péricand de partir avant la nuit. (2 points)

L'autre raison qui a empêché la famille de partir est que la gare est fermée : « Mais déjà les grilles, dans toutes les gares, étaient closes et gardées par la troupe ».

 

3. « Il semblait impossible d’abandonner ces grands draps brodés qui faisaient partie du patrimoine inaltérable des Péricand-Maltête » (lignes 9-10-11).

 

a) « altérer » signifie « changer, modifier en mal, dégrader ». En tenant compte de cette définition, ainsi que du sens du préfixe et du suffixe, expliquez ce que veut dire l’adjectif « inaltérable » dans le texte. (1,5 point)

Dans ce texte, l'adjectif « inaltérable » signifie qui ne peut s'altérer c'est-à-dire que l'on ne peut perdre, abandonner.

 

b) Le patrimoine est l’ensemble des biens hérités de la famille. Qu’est-ce qui fait partie du patrimoine des Péricand-Maltête en plus des grands draps brodés ?(1 point)

Les autres éléments inaltérables du patrimoine de la famille sont « les bijoux, les plats d’argent et la bibliothèque ».

 

c) Pourquoi semble-t-il impossible d’abandonner ces draps ? (1 point)

Abandonner ces draps reviendrait à abandonner une partie de l'identité familiale.

 

4. Lignes 17 à 21 : Quelle est la réaction de la foule ? Quelles émotions manifeste-t-elle ? Justifiez votre réponse par des éléments du texte. (3 points)

La foule cherche tout d'abord à fuir ; on peut parler d'une réaction de peur : « La foule s’accrochait aux barreaux ». Ensuite, ces gens ressentent de la colère : «secouait » les barreaux et pour finir, il y a une sorte de panique générale qui fait faire aux gens des choses folles «  Des femmes couraient en pleurant, portant leurs enfants sur les bras ». On assiste à des scènes de panique, à des mouvements de foule inquiétants.

 

5. A quel milieu social appartient la famille Péricand ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur le texte. (2 points)

La famille Péricand apaprtient à un milieu social favorisé, celui de la bourgeoisie car, d'une part, ils sont propriétaires d'une voiture : « la voiture des Péricand attendait encore à la porte » et que d'autre part, ils ont des domestiques, signe de richesse à l'époque : « Il avait été entendu que les domestiques ainsi qu’Hubert et Bernard3 partiraient par le train ».

 

6. a) Que représente la photographie (document B) ? (2 points)

La photographie du document B représente une femme en plein exode en 1940. Elle vient des archives allemandes. Cette femme guide un cheval qui tire la charrue sur laquelle se trouvent les rares effets qu'a pu emporter cette femme. Elle semble inquiète, pressée, pressée par la peur évoquée dans le texte.

 

b) Où pourrait se trouver la famille Péricand sur la photographie ? Qu’ajoute alors cette photographie au texte ? (2 points)

Sur cette photographie, la famille Péricand pourrait se trouver dans l'automobile. On peut donc dire que cette photographie donne corps au texte, l'exemplifie et le rend plus réaliste.

 

Réécriture 

 

Réécrivez le passage suivant en le mettant au présent et faites toutes les modifications nécessaires. (5 points)

« La foule s’accrochait aux barreaux, les secouait, puis refluait en désordre dans les rues voisines. Des femmes couraient en pleurant, portant leurs enfants sur les bras. On arrêtait les derniers taxis : on offrait deux ou trois mille francs pour quitter Paris. […] Mais les chauffeurs refusaient, ils n’avaient plus d’essence. Les Péricand durent revenir chez eux. Ils réussirent enfin à se procurer une camionnette »

 

« La foule s'accroche aux barreaux, les secoue, puis reflue en désordre dans les rues voisines. Des femmes courent en pleurant, portant leurs enfants sur les bras. On arrête les derniers taxis : on offre deux ou trois mille francs pour quitter Paris. […] Mais les chauffeurs refusent, ils n'ont plus d'essence. Les Péricand doivent revenir chez eux. Ils réussissent enfin à se procurer une camionnette ».

 

TRAVAIL D’ECRITURE

 

Sujet A

Monsieur et madame Péricand viennent d’apprendre que l’armée allemande approche de Paris. Madame Péricand veut partir, son mari préfère rester. Aucun des deux ne voulant céder, ils discutent longuement.

Rédigez ce dialogue où chacun expose plusieurs arguments.

 

INTRODUCTION : ce sujet appelle un travail narratif et argumentatif. Il devra comprendre du récit ainsi que du dialogue lors duquel les époux devront argumenter pour soutenir leurs idées : le départ pour Mme Péricand et le fait de rester pour M. Péricand. Il faudra éviter à tout prix de rédiger un dialogue théâtral qui serait un hors-sujet.

 

La soirée s’était poursuivie jusque tard et les deux époux étaient attablés à la vieille table en chêne sur laquelle leurs aïeux avaient, bien longtemps auparavant, discuté qui des récoltes, qui d’une révolte paysanne à laquelle il serait bon de prendre part, usant le bois et le patinant, lui donnant cet air de vieille personne et ces saveurs d’antan, chères aux familles.

« - Partir, pour aller où, questionnait M.Péricand. Te rends-tu compte, ma chérie ? Les routes vont être surveillées, bombardées peut-être même ! 

Mme Péricand semblait sortir d’une rêverie et cette allusion à des bombardements l’avait fait sursauter. 

- Je préfère tenter ma chance maintenant ; hier encore, les gares n’étaient pas fermées. Aujourd’hui, oui. Et demain, qu’en sera-t-il ? Les Allemands nous bloquent pour mieux nous avoir à leur botte !

M.Péricand se resservait un verre de vin, comme si le liquide brunâtre qu’il contemplait lui donnerait la solution. 

- Que dis-tu ? Fais-tu allusion à ces histoires de trains et de départs ? Ma chérie, voyons, ce ne sont que des racontars. Le plus sûr, c’est de rester là. S’il faut nous cacher, au moins nous connaissons la région, nous avons des amis ! lança-t-il.

- Des amis ? cria sa femme. Des amis, répétait-elle. Crois-tu que beaucoup de nos amis nous resterons lorsqu’ils verront arriver les ennemis ?

M.Péricand restait silencieux devant cet argument de taille. Il savait combien l’amitié était, en certaines situations, une chose fragile et qu’on donnait avec facilité lorsque rien ne coûtait à celui qui vous l’offrait. Il sentait combien faible pouvait être la volonté humaine devant cette peur qui frappait sa femme, cette peur qui la rendait prête à tout pour se soustraire à l’armée allemande. 

- Mais ma chérie, argumenta-t-il, il y a des conventions. Les soldats ne pourront pas faire n’importe quoi. Nous sommes des civils, nous sommes protégés ! 

- Comment peux-tu être aussi naïf ! hurla-t-elle. Nous allons mourir ! tous ! »

Ce cri de sa femme, cette expression d’une peur primale fit réagir M.Péricand qui décida de fuir, lui aussi. Non parce qu’il pensait être plus en sécurité mais parce qu’il avait compris qu’elle devait partir et que c’étaient ses peurs à elle qu’ils allaient fuir, mais fuir ensemble. Il se leva et la prit dans ses bras. Il murmura ces mots d’époux, des mots qui rassurent et affirment des certitudes que l’on n’a pas. Ils prendraient la route le lendemain, avec les enfants et le chat. Ils verraient bien.

 

 

Sujet B

« Quant à Hubert, il suivrait la caravane à bicyclette » (ligne 24). Après un voyage à bicyclette de deux jours, Hubert rejoint Orléans où il retrouve le reste de la famille Péricand, arrivée avant lui. Il raconte alors à ses parents et à son jeune frère Bernard, qui l'interrogent, les péripéties de son voyage (dangers courus, obstacles et difficultés rencontrés et surmontés) et les rencontres qu'il a faites. Il fait part également des sentiments et émotions ressenties au cours de ce voyage.

Vous rédigerez ce récit à la première personne.

Ce travail, comme le précédent, appelle un dialogue et du récit. Il doit être écrit à la fois au passé et au présent pour les dialogues. Il ne faut pas oublier de préciser les sentiments du locuteur, la peur, l’excitation…

 

Les retrouvailles et les embrassades se poursuivaient et Hubert ne parvenait pas à raconter son périple, dont il était si fier et si épuisé. Sa mère était accrochée à son fils et pleurait doucement de le voir lui revenir, se disant qu’il naissait pour elle une seconde fois.

- La première fois où j’ai vraiment eu la trouille de ma vie, c’est au deuxième barrage ! Les Bosch étaient là. Le premier me pointe sa mitraillette sur le ventre et me demande mes papiers. Moi, je lui donne. Et il commence à me dire que je ne suis pas en règle. Là, j’ai cru que mon voyage était fini. Et alors, vous ne devinerez jamais : l’un d’eux s’approche et contemple mon vélo : « Lapierre » ? qu’il me dit ? Il avait vu que mon vélo était de la marque « Lapierre ». Un amateur, en fait.

- Oui, que je lui réponds. 

- Zycliste ? Moi Zycliste !

- Ya, Ya, je luis dis, Zycliste ! Vous vous rendez compte ? Ils ont cru que j’étais en train de m’entraîner et ils n’ont même pas fouillé les sacoches du vélo. L’un d’eux a dit aux autres qu’il y avait des poids dedans pour muscler mes mollets ! 

La famille Pélicand, toute à la joie de revoir celui des siens qu’elle avait cru perdu riait de ce coup de chance, se demandant si le hasard, dieu ou la mansuétude d’un allemand était à l’origine de ce passage. Hubert continuait :

- Et me voilà reparti. Crois-moi, papa, j’ai pédalé, j’ai pédalé comme jamais dans ma vie. Il faisait nuit lorsque je suis arrivé à l’entrée d’un village. Il fallait que je me repose. J’avise une ferme, à la sortie de la ville. J’approche doucement et comme elle semblait calme, je rentre dans la cour, pose mon vélo et m’approche de la boîte aux lettres. Coup de chance ! J’avais entendu dire que dans certaines campagnes, les paysans laissaient dans leurs boîtes des œufs et qu’il fallait les remplacer par de l’argent. Je prends six œufs, je dépose deux francs et je me dirige vers la grange où je comptais bien les gober tout crus. Et là, je tombe sur une bande d’allemands ! Ils avaient élu domicile dans cette grange pour la nuit. 

Chaque membre de la famille revivait avec angoisse ces événements qui étaient terminés et semblaient fascinés autant que terrifiés par une histoire pourtant résolue. La conscience que Hubert aurait pu ne pas arriver les terrifiait tous.

- Ni une ni deux. Je regarde le premier droit dans les yeux et je lui lance : vous voulez pas des œufs ?

- Ya, Danke schon qu’il me répond ! Et il prend les œufs et moi je file sans demander mon reste. Du coup, je reprends la route et comme j’ai roulé toute la nuit, je suis mort de faim !

Mme Péricand se sentait appelée à son rôle de mère. Elle devait rassasier cet enfant qui revenait au bercail et elle allait le faire. Elle ne prit même pas la peine de le serrer dans ses bras et se précipita dans le panier aux victuailles pendant que le reste de la famille commentait joyeusement cette odyssée héroïque et si audacieuse.

Fin de l'extrait

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