Entraînement à la dictée du Brevet : Joseph Joffo, Un sac de billes.

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Entraînement à la dictée du Brevet : Joseph Joffo, Un sac de billes.

Le contenu du document

La dictée d'entraînement (audio)

Correction : Joseph Joffo, Un Sac de billes, 1973.

En 1941, à Paris, le jeune Joseph commence à subir les persécutions dont seront victimes les Juifs. Il sent que l’ambiance autour de lui est en train de changer. Il décide de faire une expérience pour mieux comprendre.

Le père Boulier il avait une manie : c’était le silence. Il voulait toujours entendre les mouches voler, quand il entendait un bavardage, un porte-plume qui tombait ou n’importe quoi d’autre, il n’y allait pas par quatre chemins, son index désignait le coupable et la sentence tombait en couperet : « Au piquet à la récréation, trente lignes – Conjuguer le verbe “faire moins de bruit à l’avenir” au passé composé, plus-que-parfait et futur antérieur. »

J’ai posé mon ardoise sur le coin du bureau. C’était une vraie ardoise et c’était rare à l’époque, la plupart d’entre nous avaient des sortes de rectangles de carton noir qu’il ne fallait pas trop mouiller et sur lesquels on écrivait mal. Moi c’était une vraie avec un cadre de bois et un trou qui laissait passer la ficelle retenant l’éponge.

Du bout du doigt, je l’ai poussée. Elle s’est balancée un court moment et est tombée. Braoum.

Il écrivait au tableau et s’est retourné.

Il a regardé l’ardoise par terre puis moi. Tous les autres nous fixaient. C’est rare qu’un élève cherche à être puni. Ce n’est peut-être jamais arrivé, eh bien, moi, ce matin-là, j’aurais donné cher pour que l’instituteur tende vers moi son index et me dise : « En retenue à quatre heures et demie. » Ça aurait été la preuve que rien n’était changé, que j’étais toujours le même, un écolier comme les autres que l’on peut féliciter, punir, interroger.

M. Boulier m’a regardé et puis son regard est devenu vide, complètement vide comme si toutes ses pensées s’étaient envolées d’un coup. Lentement il a pris la grande règle sur son bureau et il en a placé l’extrémité sur la carte de France suspendue au mur. Il a montré une ligne qui descendait de Lyon jusqu’en Avignon et il a dit :

— Le sillon rhodanien sépare les massifs anciens du Massif central des montagnes plus jeunes...

La leçon était commencée et j’ai compris que pour moi, l’école était finie. J’ai écrit le résumé, machinalement, et à un moment j’ai entendu la sonnerie de la récréation.

Zérati m’a poussé du coude.

— Viens, dépêche-toi.

Je suis sorti et me suis trouvé dans la cour et tout de suite ce fut le tourbillon.

— Youpin ! Youpin ! Youpin !

Ils dansaient autour de moi, en farandole. Un m’a poussé dans le dos et j’ai rebondi sur une poitrine, il y a eu un nouveau choc et je suis reparti en arrière, j’ai réussi à ne pas tomber et j’ai foncé pour briser la chaîne. J’y suis arrivé et j’ai vu Maurice qui se battait à vingt mètres. Il y a eu des cris et j’en ai attrapé un au hasard.

— Youpin ! Youpin ! Youpin !

Mon poing est parti et j’ai pris un coup violent sur la cuisse, j’ai cru que l’école me tombait dessus, que je serais étouffé sous la horde qui chargeait. Mon tablier s’est déchiré et j’en ai pris un sévère sur l’oreille. Le coup de sifflet du surveillant a tout arrêté. Je l’ai vu venir dans un brouillard.

— Alors, qu’est-ce qu’il se passe ici ? Vous voulez me foutre le camp, oui ?

Je sentais mon oreille qui gonflait à vue d’œil et j’ai cherché Maurice. Il avait son mouchoir attaché serré autour du genou. Le sang séchait déjà en taches brunes. Nous n’avons pas pu parler, il fallait retourner en classe. Je me suis assis. Devant moi, au-dessus du tableau noir, il y avait la tête du maréchal Pétain. 

Une belle tête digne avec un képi. En dessous il y avait une phrase suivie de sa signature : « Je tiens mes promesses, même celles des autres. » Je me demandais à qui il avait bien pu promettre de me faire porter une étoile. Ça avançait à quoi ? Et pourquoi les autres cherchaient-ils à me dérouiller ?

Fin de l'extrait

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