Parler des sociétés idéales : L'Utopie

Parler des sociétés idéales : L'Utopie

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Dans cette leçon, nous aborderons ce genre particulier qui décrit un monde idéal pour mieux dénoncer les travers de la société existante.

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Parler des sociétés idéales : L'Utopie

Le contenu du document

Prérequis

Avant d’aborder cette fiche, je dois :

  • Etre familier avec la notion de société

Objectifs

Après la lecture de cette fiche, je sais :

  • Donner une définition de l’utopie
  • Citer les fonctions de l’utopie
  • Citer les principales œuvres littéraires relevant de l’utopie

Introduction

De très nombreuses formes littéraires permettent à leurs auteurs de dénoncer certains travers de la société : qu'il s'agisse d'articles ou d'essais, d'une tonalité ironique ou satirique, la critique permet de souligner certains problèmes de société, et d'y proposer des solutions. Le genre de l'utopie poursuit le même objectif, mais de manière détournée : au lieu de dénoncer frontalement un problème, l'auteur le suggère implicitement. En décrivant une société parfaite, idéale, il suggère que la société dans laquelle il vit ne l'est pas encore, et propose des améliorations...

            Quelles sont les caractéristiques de l'utopie, en littérature ? Quels sont les grands textes relevant de l'utopie ?

I. Définition et caractéristiques de l'utopie

            Qu'appelle-t-on une utopie ? Quelles sont les fonctions de ce genre littéraire ?

A. Qu'est-ce qu'une utopie ?

            On appelle "utopie" la représentation d'une société parfaite, idéale. Ce terme est relativement récent, puisqu'il a été créé par l'écrivain anglais Thomas More.

            Le texte relevant de l'utopie décrit donc un groupe d'individus vivant heureux, soit parce qu'ils suivent certaines règles politiques très précisément établies, soit au contraire parce qu'ils se sont éloignés de la société conventionnelle pour se rapprocher de la nature.

B. Quelles sont les fonctions de l'utopie ?

            En décrivant une société parfaite, l'utopie sous-entend que la société dans laquelle nous vivons est imparfaite ! Elle comporte donc une critique implicite de notre société, et propose des solutions concrètes – ou irréalisables – aux problèmes qu'elle soulève.

C. Pourquoi les auteurs choisissent-ils la forme de l'utopie ?

            L'utopie propose une critique implicite de la société : l'auteur ne critique pas directement le système politique de son pays, ou certaines lois... il sous-entend cette critique. Aussi l'utopie a-t-elle été un excellent moyen de contourner la censure, pour des écrivains vivant sous des régimes politiques risqués, ou dans des pays où certaines religions imposent des dogmes !

            Par ailleurs, la forme narrative adoptée par l'utopie permet à l'écrivain de toucher le lecteur plus facilement que s'il n'avait écrit un article, ou un discours politique...

D. A quel genre appartient l'utopie ?

            Puisqu'elle argumente implicitement en faveur d'une société meilleure, l'utopie relève du genre de l'apologue.

            En effet, l'utopie prend effectivement la forme d'un discours narratif : une histoire est racontée au lecteur. Cette histoire pointe du doigt des problèmes, et ce faisant, argumente en faveur d'un monde meilleur : l'utopie propose donc une morale. Ainsi, l'utopie est une forme d'apologue.

II. Quelques textes relevant de l'utopie

            De nombreux classiques de la littérature relèvent entièrement, ou à travers certains passages, de l'utopie... En voici quelques-uns !

A. L'Utopie (1516) de Thomas More

            L'Utopie de Thomas More est la première utopie... qui se définit comme telle ! En effet, son auteur, l'écrivain anglais Thomas More, a donné à son livre le titre latin Utopia – dont provient le terme "utopie" !

1. La société parfaite d'Utopia

            Dans Utopia, l'île d'Abraxa est conquise par Utopus, qui décide d'en faire le lieu d'une société parfaite.

            Cette société parfaite requiert l'égalité entre tous les êtres. Pour garantir cette égalité, tout le monde doit travailler dans Utopia, il n'existe donc pas de classe noble, qui restait oisive à l'époque où Thomas More a écrit son livre. Non seulement tout le monde travaille, mais les métiers sont alternés, afin de garantir qu'aucun ne sera lésé ; par exemple, chacun doit occuper pendant au moins deux ans le métier d'agriculteur.

            Puisque tous les occupants de cette société doivent être égaux, l'argent n'existe pas dans Utopia, l'or n'a par exemple aucune valeur. La richesse n'existe donc pas, et un système est mis en place afin d'aider les plus pauvres.

            La propriété n'existe pas non plus, ce qui favorise la mise en commun de certains biens. Ainsi, tous les habitants d'Utopia portent les mêmes vêtements. De même, ils habitent dans une maison tirée au sort pour une durée de dix ans, ce qui garantit aux habitants qu'ils ne vivront pas forcément dans un meilleur, ou au contraire un moins bon endroit de la ville.

            De nombreuses autres mesures, de moins importance mais fort novatrices pour l'époque, sont également proposées par Thomas More : ainsi, le divorce par consentement mutuel est légal dans Utopia... alors que cela était absolument inenvisageable à l'époque de l'auteur !

2. Ce que Thomas More critique implicitement...

            En décrivant le monde d'Utopia, Thomas More décrie implicitement les inégalités sociales de son époque, l'extrême richesse de certains alors que d'autres sont dans la misère.

B. L'abbaye de Thélème, dans Gargantua (1534 – 1542) de Rabelais

            Le passage de Gargantua de Rabelais décrivant l'abbaye de Thélème est considéré comme la première utopie française.

1. La vie idéale dans l'abbaye de Thélème...

            L'abbaye de Thélème est une abbaye construite par Gargantua pour remercier le frère Jean de son aide dans la guerre picrocholine. Mais Thélème n'est pas une abbaye ordinaire, ses règles de vie sont fort différentes de celles des autres abbayes !

            Ainsi, la devise de l'abbaye est "Fais ce que voudras." Les personnes qui y résident font donc... ce qu'elles veulent ! Elles lisent, elles écrivent, elles apprennent à parler différentes langues, elles jouent des instruments de musique...

            La devise peut sembler risquée : si les personnes vivant dans l'abbaye agissent comme bon leur semble, ne risqueraient-elles pas de se livrer à des activités amorales ? Pas dans le monde de Rabelais, car les résidents de l'abbaye ont été choisis parmi un public noble, éduqué, courtois, et plutôt attrayant. Ainsi, l'utopie de Rabelais n'est pas si égalitaire qu'elle n'y paraît : elle suppose l'accès à une éducation humaniste, et tout le monde est loin d'y avoir accès à son époque...

2. Ce que Rabelais critique implicitement...

            Les règles en vogue dans les abbayes à l'époque sont évidemment bien différentes ! Les moines dans leurs abbayes ne suivent pas leur volonté, mais des règles très strictes. Loin de l'éducation humaniste rêvée par Rabelais, il règne un certain obscurantisme : la plupart des moines sont très peu éduqués.

            C'est pourquoi on peut dire que Rabelais critique plus largement, à travers l'utopie de l'abbaye de Thélème, le dogmatisme de la religion catholique en général...

C. La découverte de l'Eldorado dans Candide de Voltaire

            L'Eldorado est un pays imaginaire, mythique, caractérisé par une grande abondance de richesses. Ce mythe est repris, à l'époque des Lumières, par Voltaire, qui le décrit dans son conte philosophique Candide (chapitres XVII et XVIII).

1. Les merveilles de l'Eldorado...

            Le naïf Candide, accompagné de Cacambo, découvre l'Eldorado : l'abondance de richesses y est telle que les enfants jouent dans la rue avec des pierres précieuses, sans paraître se rende compte de leur valeur ; les édifices sont magnifiques, etc.

            Le cadre dans lequel la ville est construite est également idyllique, car elle est entourée par une nature superbe et foisonnante.

            Les habitants de l'Eldorado sont caractérisés par leur humilité : pour saluer le roi, on ne doit pas se prosterner mais au contraire le serrer dans ses bras.

            De même, la population d'Eldorado est très éduquée, et Candide peut y observer des instruments scientifiques et mathématiques.

2. ... et ce que Voltaire critique implicitement

            Dans ce passage, Voltaire critique implicitement ce qu'il critiquera explicitement dans d'autres passages de Candide : l'obscurantisme et la violence qui règnent dans son pays. Le recours à l'utopie est ici un moyen, pour l'auteur, de contourner la censure.

D. L'île des esclaves (1725) de Marivaux

            L'île des esclaves est une comédie de Marivaux, dans laquelle l'auteur décrit une société au fonctionnement pour le moins... particulier !

1. Le fonctionnement de l'île des esclaves

            Iphicrate et son valet Arlequin ont fait naufrage sur une curieuse île : l'île des esclaves. Cette île fonctionne selon les règles établies par le gouverneur, Trivelin, ancien esclave : tous les maîtres perdent, en y arrivant, les privilèges qu'ils ont sur leurs esclaves. Aussi ordonne-t-il à Iphicrate et à Arlequin d'échanger de nom... et de statut !

            Arlequin joue au maître, mais cela n'est que de courte durée, car lorsque Trivelin estime qu'Iphicrate a été assez puni, il leur ordonne à nouveau de changer de nom et de statut. Si Iphicrate se montrera donc plus tolérant et plus compréhensif envers son valet, il n'en restera pas moins le maître...

2. Ce que Marivaux critique implicitement

            Marivaux critique implicitement la domination de certains hommes sur d'autres hommes – et plus particulièrement, le manque de respect avec lequel les maîtres traitent leurs valets. Cependant, il ne va pas jusqu'au bout de sa critique, puisque l'île des esclaves n'aura pas permis à Arlequin de se libérer définitivement de son maître !

 

Conclusion

            Consistant en la description d'une société parfaite, idéalisée, l'utopie est un genre littéraire qui permet de critiquer implicitement la société dans laquelle vit l'auteur. Lieu de bonheur, d'égalité, d'éducation, l'utopie reste pourtant le lieu qui n'existe pas : aujourd'hui, lorsqu'on dit de quelque chose que c'est "utopique", on veut dire que cela semble irréalisable...

Le petit + dans ta copie

L'utopie est un genre également exploité dans d'autres arts, comme en peinture ou en architecture ! Il est tout à fait possible d'enrichir votre copie avec des références inattendues...

Pour aller plus loin...

N'hésitez pas à consulter la fiche que nous consacrons aux dystopies ! La dystopie, ou contre-utopie, est le contraire de l'utopie : au lieu de décrire des sociétés idéales, elle dénonce au contraire des sociétés inquiétantes... Mais la dystopie, comme l'utopie, dénonce un ou des travers de la société !

Fin de l'extrait

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