Sujet Français - Session de Remplacement - Brevet 2017

Sujet Français - Session de Remplacement - Brevet 2017

Découvrez le sujet de la session de remplacement du Brevet de Français 2017.

Dans cette épreuve, il fallait tout d'abord réaliser une étude de documents qui portait sur un texte de Patrick Chamoiseau et sur une image. Ensuite, il y avait un travail et réécriture et une dictée.

Téléchargez gratuitement ci-dessous le sujet de français de la session de remplacement du Brevet 2017.

Sujet Français - Session de Remplacement - Brevet 2017

Le contenu du document


 

A. Texte littéraire

 

Patrick Chamoiseau évoque sa petite enfance dans la capitale martiniquaise, Fortde-France, en compagnie de sa mère, Man Ninotte. Dans cette scène, le petit garçon (désigné par l’expression « le négrillon ») découvre sa ville après le passage d’un cyclone.

 

A son réveil, il comprit ce que l’on avait attendu. La ville gisait1 défaite, frappée de boues, d’inondations et d’étrangetés. Des tôles jonchaient les rues, des arbres tombés levaient de cauchemardesques racines dans une dérive d’eau noire, des cochons blancs et des poules sans plumes et des bœufs sans cornes cherchaient sous l’hébétude2 un ordre posé du monde. Les devantures défoncées libéraient un vomi de naufrages. De gros fils électriques tressautaient sous les décharges de leurs propres étincelles. Posés partout : des armoires orphelines, de hauts miroirs brisés, un coffre-fort flotteur, mille tiroirs sans passés, d’énormes livres étouffés d’eau, bric- à-brac d’un panier caraïbe insensé, l’absolue mise à sac, au rapt, au vrac des poches du ciel, des cœurs et des greniers. Par-dessus, la consternation criarde des premiers arrivés découvrait ce que les vieux-nègres appellent (ou plus exactement crient) : an tyou-manman3, et Césaire4 : un désastre.

Cyclone c’est vent aveugle. Il bouleverse les affaires des békés5 et mulâtres6, il écorce la vie, et durant quelques jours redistribue les parts. En ville, le monde recommençait sous une mer de boue élevée haut comme ça. Les gens des sept mornes7, généralement épargnés, couraient-venir trouver une chance dans les magasins éventrés. […]

Le négrillon passait les journées à la fenêtre, suivant des yeux Man Ninotte à travers le quartier. Man Ninotte n’était jamais plus à l’aise que dans l’apocalypse. S’il n’y avait plus d’eau, elle ramenait de l’eau. S’il n’y avait plus de poissons, elle brassait du poisson. Elle trouvait du pain chaud. Elle trouvait des bougies. Elle trouvait des paquets de rêves et les charriait en équilibre dessus son grand chapeau. Et surtout, elle ramenait par poignées des vêtements d’argile, des souvenirs de toiles pris dans un ciment noir, des objets perdus sous une gangue8 sans prénom. Cela s’empilait dans la cour dans l’attente du nettoyage. Il la voyait disparaître au bout de la rue, réapparaître à l’autre, massive et puissante sous les ailes de son chapeau, parlant fort, saluant tous, distribuant des conseils que nul ne demandait. Pour cette adversaire des déveines9, le désastre était un vieil ami. Elle s’y démenait à peine plus que d’habitude, et nous en extrayait le meilleur. […] Mais, une fois cyclone passé, elle s’élançait dans la bataille comme si elle en avait été le stratège, et, soulevant chaque malheur, elle dénichait chaque chance. En ce temps-là, la nature bouleversée versait du côté de qui n’en avait pas.

 

Patrick Chamoiseau, Une enfance créole I, Antan d’enfance, 1993

 

1- gisait : était étendue sans mouvement.

2- hébétude : engourdissement des facultés à la suite d’un choc émotif.

3- an tyou-manman : expression créole familière qu’on pourrait traduire par « un sacré foutoir ».

4- Aimé Césaire (1913-2008) : écrivain et homme politique, maire de Fort-de-France.

5- békés : riches propriétaires descendant des premiers colons européens.

6- mulâtres : notables et commerçants métissés descendant des grands propriétaires d'origine européenne.

7- mornes : collines

8- gangue : substance enveloppante.

9- déveines : malchances

 

B. Image

 

image français

 

Questions (20 points)

 

Les réponses aux questions doivent être entièrement rédigées.

 

Sur le texte littéraire (document A)

1. a- « La ville gisait défaite, frappée de boues, d’inondations et d’étrangetés. » (lignes 1 et 2) : comment comprenez-vous cette phrase ?

b- Comment cette phrase est-elle développée dans la suite du premier paragraphe ? Répondez en vous appuyant sur le texte. (4 points)

2. « Posés partout […] des cœurs et des greniers. » (lignes 7 à 10)

a- Faites deux remarques sur la construction de cette phrase.

b- Quel est l’effet produit par le choix de cette construction ? (3 points)

3. « Cyclone, c’est vent aveugle » (ligne 13) : comment comprenez-vous cette phrase ? Vous pourrez répondre à cette question en vous appuyant notamment sur la phrase qui suit. (2 points)

4. Lignes 18 à 32 :

a- À quel temps les verbes du dernier paragraphe sont-ils conjugués ? Pourquoi ce temps est-il employé ici ?

b- Quel est le sujet de la plupart des verbes dans ce dernier paragraphe ?

c- En observant ces verbes, quel autre point commun pouvez-vous remarquer ? (3 points)

5. Dans le dernier paragraphe, Man Ninotte apparait aux yeux du petit garçon comme un personnage extraordinaire. Montrez-le en vous appuyant sur vos réponses à la question précédente et sur d’autres éléments du texte. (4 points).

Sur le texte littéraire et l’image (documents A et B)

6. a- Quels rapports pouvez-vous établir entre l’image et le texte ?

b- Êtes-vous davantage touché(e) par la photographie (document B) ou par le texte littéraire (document A) ? Justifiez votre réponse ? (4 points : 2 points par question)

 

Réécriture (5 points)

 

a- Réécrivez la phrase suivante en mettant « ville » au pluriel.

« La ville gisait défaite, frappée de boues, d’inondations et d’étrangetés.»

b- Réécrivez le passage suivant en mettant les verbes conjugués au futur.

« Cyclone c’est vent aveugle. Il bouleverse les affaires des békés et mulâtres, il écorce la vie, et durant quelques jours redistribue les parts. En ville, le monde recommençait sous une mer de boue élevée haut comme ça. » 

 

Dictée

 

Lors de la dictée, on procédera successivement :

1) à une lecture préalable, lente et bien articulée du texte ;

2) à la dictée effective du texte, en précisant la ponctuation et en marquant nettement les liaisons ;

3) à la relecture, sans préciser cette fois-ci la ponctuation mais en marquant toujours les liaisons.

 

On demandera aux candidats d’écrire une ligne sur deux.

On ne répondra pas aux questions éventuelles des candidats après la relecture du texte ; ils en seront avertis avant cette relecture.

Avant de commencer la dictée, on inscrira au tableau de manière lisible par l’ensemble des candidats :

- Superdôme

- Laurent Gaudé, Ouragan, 2010

 

Lorsqu’ils arrivent aux abords du stade, ils découvrent une foule immense. Il y a des hommes et des femmes partout, épuisés, en haillons, le linge encore mouillé sur les épaules. Des vieillards perdus, le regard vide, des femmes donnant la tétée à des nourrissons. C’est une humanité à ciel ouvert, pauvre, peureuse, affamée. Il y a des serviettes étendues à même le sol, des draps pour tenter de faire des lits. Certains, à bout de forces, se sont allongés, d’autres gémissent tant ils ont faim. Ils […] pénètrent dans le Superdôme. Une fois à l’intérieur, ils embrassent du regard le stade immense et ce n’est que là qu’ils ont le sentiment d’être à la fin des mondes.

 

Laurent Gaudé, Ouragan, 2010

Fin de l'extrait

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