Ballade de celui qui chanta dans les supplices, Aragon - Histoire des Arts - Brevet des Collèges

Ballade de celui qui chanta dans les supplices, Aragon - Histoire des Arts - Brevet des Collèges

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Ce document est une analyse du poème "Ballade de celui qui chanta dans les supplices" d'Aragon, publié en 1943. L'analyse de ce poème pourra vous aider pour l'épreuve d'Histoire des Arts du Brevet des Collèges.

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Ballade de celui qui chanta dans les supplices, Aragon - Histoire des Arts - Brevet des Collèges

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BALLADE DE CELUI QUI CHANTA DANS LES SUPPLICES

Et s'il était à refaire

Je referais ce chemin

Une voix monte des fers

Et parle des lendemains


On dit que dans sa cellule

Deux hommes cette nuit-là

Lui murmuraient "Capitule

De cette vie es-tu las


Tu peux vivre tu peux vivre

Tu peux vivre comme nous

Dis le mot qui te délivre

Et tu peux vivre à genoux"


Et s'il était à refaire

Je referais ce chemin

La voix qui monte des fers

Parle pour les lendemains


Rien qu'un mot la porte cède

S'ouvre et tu sors Rien qu'un mot

Le bourreau se dépossède

Sésame Finis tes maux


Rien qu'un mot rien qu'un mensonge

Pour transformer ton destin

Songe songe songe songe

A la douceur des matins


Et si c'était à refaire

Je referais ce chemin

La voix qui monte des fers

Parle aux hommes de demain


J'ai tout dit ce qu'on peut dire

L'exemple du Roi Henri

Un cheval pour mon empire

Une messe pour Paris


Rien à faire Alors qu'ils partent

Sur lui retombe son sang

C'était son unique carte

Périsse cet innocent


Et si c'était à refaire

Referait-il ce chemin

La voix qui monte des fers

Dit je le ferai demain


Je meurs et France demeure

Mon amour et mon refus

O mes amis si je meurs

Vous saurez pour quoi ce fut


Ils sont venus pour le prendre

Ils parlent en allemand

L'un traduit Veux-tu te rendre

Il répète calmement


Et si c'était à refaire

Je referais ce chemin

Sous vos coups chargés de fers

Que chantent les lendemains


Il chantait lui sous les balles

Des mots sanglant est levé

D'une seconde rafale

Il a fallu l'achever


Une autre chanson française

A ses lèvres est montée

Finissant la Marseillaise

Pour toute l'humanité


Aragon


Ballade de celui qui chanta dans les supplices est un poème écrit par Louis Aragon et publié en 1943.   

Louis Aragon est un homme très engagé politiquement puisqu’il défend les Républicains lors de la guerre d’Espagne et s’implique dans la Résistance lors de la Seconde Guerre Mondiale. Il publia ce poème sous l’identité de Jacques d’Estaing dans l’Honneur des Poètes. 


Ce poème rend hommage à Gabriel Péri, membre du Comité central du parti communiste français et journaliste à l’Humanité. Ce héros de la résistance fut arrêté pour avoir publié un libellé (= texte qui dénonce) contre le Nazisme, ce qui lui valut d’être fusillé par les Allemands le 15 Décembre 1941. Ce poème relate son emprisonnement, la torture qu’il a subie et son refus héroïque de céder aux propositions allemandes. 

Ballade de celui qui chanta dans les supplices parle donc, de façon plus générale, de la capitulation française face a l’occupation allemande et recèle un profond mépris pour les collaborateurs, traitres à leur patrie, ainsi qu’un véritable respect pour les résistants morts pour la France. 


Ce poème est moderne car il n’a pas de ponctuation. Il a malgré tout une forme fixe : il est composé de quatrains, d’heptasyllabes, et de rimes croisées. Il a également un leitmotiv qui l’apparente a une chanson. 

C’est un poème polyphonique à 3 voix: celle du narrateur, (Louis Aragon), celle des bourreaux, (les collaborateurs) et celle du prisonnier, qui est, bien sur, Gabriel Péri.


La torture infligée à G. Péri par ses tortionnaires est présente tout au long du poème, autant physique que mentale. 


Pour le faire souffrir mentalement, les collaborateurs répètent sans cesse au prisonnier qu’il sera libéré à condition de dire « le mot qui le délivre ». En ce qui concerne G. Péri, il devait condamner les attentats contre les allemands. Les collaborateurs le harcèlent, lui font du chantage et le poussent à céder en lui faisant miroiter la beauté de la vie. En effet, ils se plaisent à lui rappeler que s’il s’entête, il ne pourra plus profiter de « la beauté des matins ». Ils lui montrent également la proximité de sa libération en lui disant que « rien qu’un mot » suffira pour regagner sa liberté. L’anaphore, comme « songe, songe, songe » est utilisé par les collaborateurs tout au long de ce texte afin de convaincre le captif. 

De plus, les bourreaux tentent d’adoucir la trahison de cet acte en mentionnant Henri IV et Richard III, deux grands rois qui n’ont pas hésité à trahir leur peuple ou leurs convictions pour obtenir ce qu’ils souhaitaient. Par cela, ils pensent pouvoir convaincre leur prisonnier qu’il n’est pas grave de refuser de donner sa vie pour une cause, et qu’il est naturel de mettre sa propre survie en priorité.

Les tortionnaires tentent de faire changer d’avis G.Péri jusqu’au bout : aux portes de la mort, ils lui proposent une dernière fois de capituler, ce qu’il refuse héroïquement. Les collaborateurs, impuissants face à la détermination inébranlable du captif, n’ont plus d’autre choix que de l’abattre, ce qui m’amène à parler de la torture physique.


Celle-ci est également présente tout au long du texte et on la retrouve dans le champ lexical de la torture.  « Bourreaux », « fers », « chaines », « cellule », « sang », « maux », et « balles » en sont quelques exemples. 

Les tortionnaires font preuve d’une violence sans précédent : ils portent a G. Péri des « coups charges de fer » et l’achèvent d’une « seconde rafale » lorsque celui-ci décline/refuse sa dernière opportunité de coopérer. 


Ballade de celui qui chanta dans les supplices montre l’héroïsme du résistant : malgré ces deux formes de tortures, le prisonnier est résigne à ne pas céder. Sa détermination est réaffirmée tout au long du poème par la présence du leitmotiv « Et s’il était à refaire, je referais ce chemin ». Le but de cet acte qui lui coutera la vie est de faire connaitre sa cause, c’est-à-dire la résistance. Il tient à ce que ses idéaux soient inculqués aux générations futures, ce que l’auteur nous fait comprendre par le vers « Sa voix parle pour les lendemains ». Il veut protéger la France de la dictature et la pousse à s’engager dans le même combat que le sien. 

Seul contre ses tortionnaires, il se tourne vers l’espoir que les choses changent lorsqu’il clame « Que chantent les lendemains. »


Ce poème est engagé puisqu’il véhicule le message d’Aragon « aux hommes de demain ». Il invite donc le lecteur à prendre parti pour une cause, ce qui est propre aux œuvres engagées. Ici, Aragon cherche à convaincre le lecteur de la noblesse de la résistance face aux Allemands. Le prisonnier se bat jusqu’à la mort pour que « France demeure » et même « pour toute l’humanité ». Devant le peloton d’exécution, il clame sa loyauté dans son pays et dans le combat qu’il mène pour celui-ci en chantant « sous les balles » la Marseillaise et l’Internationale, qui est le chant de ralliement des communistes. Son message est donc universel. 

Fin de l'extrait

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