L'affiche rouge : Analyse d'histoire des arts

L'affiche rouge : Analyse d'histoire des arts

L'affiche rouge : Analyse d'histoire des arts
Télécharger gratuitement

20.00/20

4.8333 5 0

6 Avis > Donne ton avis

1700 téléchargements

Propagande

Le contenu du document

Vous pouvez retrouver ici l'analyse HDA de l'affiche rouge préparée par un de nos membres.

 

Brève biographie de l’artiste :

 

On ne parlera pas ici d’artiste, mais plutôt parlera du commanditaire de cette affiche : il s’agit d’une affiche de propagande nazie largement diffusée en France au début de l’année 1944. Tirée à 150000 exemplaires. Cette affiche fut réalisée par le CEA (comité d’étude antibolchévique), un organisme de propagande franco-allemand à la demande des Allemands qui souhaitaient frapper un grand coup après le retentissement de l’assassinat du général Ritter (chef du STO en France) par le réseau Manouchian.

 

Le contexte historique :

 

 La France est occupée depuis sa capitulation le 22 juin 1940. Elle est divisée en deux zones, séparée par une ligne de démarcation (sorte de frontière intérieure) :

·         Zone nord occupée par l’armée allemande

·         Zone sud où le gouvernement du maréchal Pétain s’est installé à Vichy.

Le gouvernement de Vichy collabore activement avec l’occupant. La Milice et la gestapo pourchassent les résistants. La Résistance intérieure est formée de réseaux, de courants politiques divers. Beaucoup d’étrangers combattent dans ses rangs.

En 1944, la résistance s’unifie. En effet, depuis 1942 et la création du CNR (conseil national de la résistance) par Jean Moulin, la résistance est structurée,  sous les ordres de Londres et du Général De Gaulle.

 

A Paris, des résistants communistes d’origine étrangère sont réunis dans les MOI (main d’œuvre immigrée), section appartenant aux FTP (francs-tireurs partisans) communistes.

Bien qu’étrangers, ou d’origine étrangère, ils souhaitent lutter contre le Nazisme et contre l’occupant allemand.

 

En 1944, le poète d’origine arménienne Missak Manouchian devient le chef de ce réseau et devient rapidement célèbre par des coups d’éclat (assassinat d’Allemands et de collaborateurs, sabotage de convois allemands, assassinat de Ritter, un général allemand responsable du STO en France...). En 1944, suite à une trahison, le réseau est neutralisé par une vague d’arrestations.

Torturés longuement puis exécutés, les membres du réseau Manouchian sont durement traités. Cette affiche fut réalisée suite à leur arrestation. Elle a été placardée à 15 000 exemplaires dans les lieux publics pendant la période de l’Occupation allemande, au moment du procès puis de la condamnation à mort des membres du groupe Manouchian.

Les 22 hommes seront fusillés le 21 février 1944 au fort du Mont-Valérien. Olga Bancic, la seule femme, sera décapitée un peu plus tard, en application du manuel de droit criminel de la Wehrmacht interdisant de fusiller les femmes.

 

Analyse de l’œuvre :

 

Composition de l’affiche :

 

-    un texte en haut, blanc sur rouge, à la forme interrogative;

-    un texte en bas en guise de réponse.

-    10 portraits en médaillons, accompagnés de leur légende, disposés en pyramide inversée.

-    5 photos rectangulaires, peu organisées (impression de pêle-mêle)

 

Les portraits forment comme une flèche qui cible Manouchian, le chef du réseau, et qui pointe les dégâts humains et matériels causés par ce réseau.

Le choix des couleurs est important : symboliquement, on trouve du rouge, souvent associé à l’idée d’agressivité, de sang, de violence et du communisme, or ces «terroristes » sont des communistes, pour certains des anciens des brigades rouges, l’usage du rouge permet ainsi d’assimiler communisme à terrorisme; et du noir, qui connote la mort.

 

Les portraits :

 

On voit dix photographies (sur les 23 membres du réseau qui seront exécutés). Ces photos ne sont pas choisies par hasard : elles montrent des hommes mal rasés, hirsutes, aux mines inquiétantes et qui pour la plupart semblent détourner le regard, avec des parties du visage dans l’ombre (impression de manque de franchise) Ces photographies ont été prises avant leur exécution, soit après des heures de torture.

Ils sont accompagnés des noms à consonance étrangère de ces hommes, souvent difficiles à prononcer pour un francophone.

Les créateurs de l’affiche tentent de faire renaître la xénophobie et l’antisémitisme chez les Français, des réactions primaires qui trouveront peut-être un écho dans une frange de la population (veut rendre les Français racistes)

 Ensuite, on trouve un mélange d'informations disparates: religion, nationalité, appartenance politique.

La dernière ligne semble indiquer les faits reprochés à ces personnages.

 

Les cinq photographies :

 

Elles représentent des méfaits prétendument réalisés par les terroristes: morts, trains déraillés... La photo centrale est une présentation des armes utilisées.

 

Le texte :

 

Une question en haut : « Des libérateurs ? », à laquelle le reste de l’affiche tend à répondre par la négative : Manouchian et ses hommes sont présentés comme des terroristes, des étrangers dangereux pour le peuple français.

 La réponse au bas en donne confirmation, puisqu’ils sont désignés par l’expression « armée du crime », ce qui enlève toute légitimité aux actes de résistance de ces hommes.

 

CONCLUSION

 

Cette affiche de propagande nazie visait à décrédibiliser l’action de ces résistants, notamment à cause de leurs origines ; il s’agissait de jouer la carte du racisme et de l’antisémitisme pour leur retirer tout soutien populaire.

Il est difficile de mesurer l'impact réel de cette affiche sur les Français, mais il est certain qu'ici et là des mains anonymes ont déposé des fleurs au pied de ces affiches ou ont collé dessus des bandeaux où l'on pouvait lire : “Des martyrs”, ou “Oui ! L'armée de la Résistance”.

Il est clair, en tout cas, que la propagande nazie n'a pas atteint son but. Cette affiche est au contraire restée célèbre comme symbole de l’engagement, et a donné lieu à de multiples expressions artistiques, comme le poème d’Aragon ou ensuite la chanson de Ferré.

(Louis Aragon s’est inspiré de la dernière lettre de Manouchian à sa femme avant son exécution et à écrit un poème Strophes pour se souvenir. Poème mis en musique par Léo Ferré)

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Les avis sur ce document

doudii
5 5 0
20/20

merci pour cet information de derniere minute car je passe mon hda demain

par - le 31/05/2016
EmmaDevoir
5 5 0
20/20

Super bien détaillée, très bonne explication, merci beaucoup !!

par - le 11/05/2016
souricate
5 5 0
20/20

Merci pour ces précisions. Je passe mon hda cet aprem' et pour les révisions de dernière minutes c'est très pratique!!!!!!!!!

par - le 11/06/2015
Plus d'avis (2)

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Brevet le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Chaque semaine recevez des conseils de révisions de la part de votre
coach brevet !

Recevoir
Ça bouge sur le forum Brevet !
Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool Brevet

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?