La République depuis 1870 - Histoire Géographie - Quatrième

La République depuis 1870 - Histoire Géographie - Quatrième

digiSchool Brevet met à votre disposition une fiche de cours d'Histoire de niveau 4ème sur la République depuis 1870.

Dans cette leçon, vous commencerez par vous familiariser avec la définition de République et les différentes Répubiques que la France a connu. Puis, vous verrez comment la République s'est difficilement affirmée dans les années 1880-1890, notamment la venue des républicains au pouvoir, l'éducation au sein de la République et la menace qui a pesé sur la République. Enfin, vous verrez comment, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la République a dû résister pour se refonder. Pour cela, seront abordés : le Régime de Vichy et la Résistance.

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La République depuis 1870 - Histoire Géographie - Quatrième

Le contenu du document

 

 

Introduction

République (« res » « publica », chose publique) : régime politique démocratique où le chef de l’Etat ne tient pas son pouvoir de façon héréditaire mais est élu – directement ou indirectement – par la nation. 

C’est la forme de régime politique choisie en France pour incarner la démocratie : système politique dans lequel le peuple est souverain – soit en décidant directement des lois soit en élisant des représentants – et où les trois pouvoirs – exécutif, législatif et judiciaire – sont séparés. 

Jusqu’aujourd’hui, la France a connu cinq républiques différentes : 

- la Ière entre 1792 et 1799

- la IIème entre 1848 et 1851

- la IIIème entre 1870 et 1940

- la IVème entre 1946 et 1958

- la Vème depuis 1958. 

Si la continuité républicaine est presqu’ininterrompue depuis 1870, l’histoire des Républiques françaises depuis la fin du XIXème siècle n’est pas « un long fleuve tranquille ». 

Problématique : Comment le modèle républicain s’est-il imposé en France ? Comment a-t-il ensuite été refondé au cours du XXème siècle et quelles évolutions a-t-il connues ? 

 

La difficile affirmation républicaine dans les années 1880-1890

Les Républicains au pouvoir

Bien que proclamée le 4 septembre 1870 (défaite de Sedan, chute du Second Empire), la IIIème République connait des débuts difficiles car les élections de 1871 confient la France à une majorité monarchiste et cléricale. D’élections en élections cependant, les Républicains gagnent du terrain et le régime politique est organisé par les lois constitutionnelles de 1875 qui débouchent sur un régime parlementaire. Pour les Républicains modérés, il convient dorénavant d’enraciner la République dans les cœurs et les esprits pour rendre impossible tout retour à la monarchie. 

Régime parlementaire : régime dans lequel le gouvernement est responsable devant l’Assemblée, c’est-à-dire qu’elle peut lui voter sa confiance ou le renverser. 

La République rétablit les libertés fondamentales que le Second Empire avait supprimées. La loi du 29 juillet 1881 fonde la liberté de la presse. La loi du 30 juin 1881 autorise les réunions publiques et, le 21 mars 1884, la liberté syndicale est votée. Ces libertés permettent aux Français d’exercer le suffrage universel lors des élections   temps forts de la vie politique d’une République qu’il faut aussi défendre (service militaire obligatoire) et faire vivre (impôts).

 

« Fabriquer » des républicains

L’école est au cœur de la politique de l’IIIème République. Le budget qui lui est consacré quadruple entre 1879 et 1889. Jules Ferry est l’instigateur des lois de 1881-1882 sur la gratuité et l’obligation scolaire et celle de 1886 qui laïcise le personnel enseignant. Un million d’élèves sont scolarisés entre 1880 et 1900. 

Les programmes scolaires transmettent les mythes fondateurs de la République. L’histoire, la géographie, la littérature et même la science sont mobilisées afin d’entretenir le patriotisme. A l’école aussi, la propagande républicaine appelle à garder les yeux rivés sur la « ligne bleue des Vosges » en souvenir de l’Alsace-Lorraine perdue en 1871. La colonisation est présentée comme une mission civilisatrice de la République. Les cours de morale civique replacent l’éducation religieuse.  

Enfin, fêtes, événements et symboles civiques doivent enraciner les valeurs promues par le régime. La Marseillaise est adoptée comme hymne national en 1879 et le 14 juillet comme fête national en 1880. Le drapeau tricolore frappé du sigle R.F (« République Française ») devient l’emblème de la République, « Liberté, égalité, fraternité » héritée de la Révolution la devise. Des bustes de Marianne, allégorie de la République, sont installés dans les mairies et le Panthéon devient définitivement le lieu de repos des « grands hommes » honorés par la République. 

 

La République en danger ? 

La République n’est cependant pas unanimement acceptée : entre 1886 et 1889, le général Boulanger cristallise les oppositions autour de l’antiparlementarisme : son programme ambigu (dissolution de l’Assemblée pour l’élection d’une constituante) rassemble à la fois des républicains qui veulent aller plus loin en matière de laïcité et des monarchistes qui espèrent renverser le régime ! Mais il échoue aux élections législatives de 1889. Par ailleurs, au début des années 1890, l’agitation anarchiste touche toute l’Europe. En France, elle entraîne l’assassinat du président Sadi Carnot le 24 juin 1894. 

L’affaire Dreyfus enfin (1894-1899) pose la question des valeurs de la République : la condamnation pour trahison, par un tribunal militaire, du capitaine Alfred Dreyfus sur la base d’un faux déclenche une crise politique majeure. Entretenue par la presse qui se fait l’écho de la campagne antisémite qui vise Dreyfus, l’Affaire entraîne la mobilisation d’intellectuels tels Emile Zola et divise l’opinion publique. Aux dreyfusards qui combattent au nom de la justice et de la vérité, les antidreyfusards opposent la raison d’Etat et la nécessaire défense de l’armée. On trouve parmi eux de nombreux catholiques, des monarchistes, des militaires et des membres de l’extrême-droite. La révision de son jugement (procès de Rennes, 1899) puis la grâce et la réhabilitation (1906) de Dreyfus réparent l’erreur judiciaire et mettent un terme à cette crise dont la République sort finalement renforcée. 

Pendant cette période, malgré les crises, les résultats aux élections montrent cependant une adhésion croissante des Français à la République. La Première Guerre Mondiale et la victoire de 1918 viendront conforter et confirmer cet enracinement. 

 

De 1940 à 1946 : De la Résistance à la refondation de la République

Le Régime de Vichy, une négation de la République

En septembre 1939, la Grande Bretagne et la France déclarent la guerre à l’Allemagne nazie. Après plusieurs mois de « drôle de guerre », l’attaque du 10 mai 1940 entraîne la débâcle des troupes françaises. Cette défaite provoque l’arrivée au pouvoir du Maréchal Pétain, encore perçu par les Français comme le « héros de Verdun », qui signe l’armistice le 22 juin 1940 dans la forêt de Rethondes. Le 10 juillet 1940, un vote d’une majorité de parlementaires va provoquer le basculement de la France vers un nouveau régime politique.

Après la signature de la Convention d’armistice le 22 juin 1940, la France est occupée au Nord. Le maréchal Pétain, apparu comme l’homme providentiel, dirige la zone libre au sud avec pour capitale la ville thermale de Vichy, offrant de nombreux hôtels pour loger les fonctionnaires de l’Etat français. Le « Régime de Vichy » dont le nom officiel est « Etat français » est une remise en cause complète de la République. 

Il nie les valeurs de la République. Un violent discours antirépublicain est tenu dès la naissance de l’Etat français vichyste. La République est accusée d’être la cause de la défaite de la France, ainsi que les hommes du Front populaire, les Juifs et les francs-maçons. L’idéologie du Régime est celle de la « Révolution nationale », résumée par la nouvelle devise « Travail, famille, Patrie ».

Il nie les pratiques de la République : c’est la fin de la démocratie. Dans le contexte de l’exode où députés et sénateurs sont chassés de Paris par l’avancée allemande, les parlementaires votent les 10-11 juillet 1940 un Acte constitutionnel qui abolit la IIIème République et met en place un régime autoritaire où Pétain a tous les pouvoirs. Les élections n’ont plus lieu : les citoyens n’élisent plus leurs députés ; les maires sont nommés. Toutes les lois de la République sont remises en causes et notamment une loi de 1927 sur la naturalisation : 15 000 personnes sont déchues de leur nationalité. 

Enfin, il collabore avec l’occupant nazi. Cette politique de plus en plus assumée par Pierre Laval – au moins dans l’espoir d’alléger les clauses de l’armistice - est amorcée par Pétain le 24 octobre 1940 lors de l’entrevue de Montoire comporte plusieurs volets : - un volet politique : arrestation des résistants et des juifs par les forces de l’ordre et notamment la milice, créée en 1943. 76 000 juifs déportés de France, 1/3 étant français. 

- un volet économique : le STO = livraison de main d’œuvre. 

- un volet militaire : des volontaires (LVF) se battent aux côtés de la Wehrmacht en URSS. 

 

La Résistance : continuer et restaurer la République

- L’appel du 18 juin 1940 de De Gaulle à la BBC = le 1er acte de résistance CAR il refuse l’armistice (demandée le 17 juin) = refus de la défaite face à l’ennemi nazi et insoumission vis-à-vis de Pétain devenu Président du Conseil. Le général De Gaulle réfugié à Londres est alors secrétaire d’Etat à la Défense. Il a déjà établi des contacts avec le gouvernement anglais. Volonté de poursuivre le combat. Le général de Gaulle est condamné par deux fois par les juges aux ordres du régime de Vichy 

- Les résistants ont deux objectifs communs : le combat patriotique = la libération du territoire ET le combat idéologique = la lutte contre le fascisme et le Régime de Vichy et la restauration de la République 

Ces deux objectifs sont totalement indissociables  libérer la France, c’est poursuivre la lutte mais la victoire n’a de valeur que si elle permet une restauration politique de la nation et des libertés, qui s’incarnera dans une nouvelle République car la IIIème est jugée décadente.  

- Les formes de la lutte sont diverses. On distingue :  

- La Résistance extérieure ou « France libre » : Organisée par De Gaulle depuis Londres. Composée des FFL = Force Françaises libres, c’est l’armée d’outre-mer de la France libre. Modestes à leur début, elles atteignent 60 000 combattants en juillet 1943. 

- La Résistance intérieure : d’abord fruit d’initiatives isolées, elle prend de l’ampleur, s’organise et mène des actions politiques ou militaires : 

 

  • Distribution de tracts, journaux clandestins, graffitis, actions symboliques… par les différents mouvements. 
  • Renseignements, opérations de sabotage, filières d’évasion par une multitude de réseaux.
  • Entraînement à la lutte armée à partir de 1943 au sein des maquis formés par les jeunes réfractaires au STO.

 

Ces deux résistances vont se coordonner En 1943, l’ancien préfet Jean Moulin qui parvient à unifier ces organisations sur ordre de De Gaulle  création du C.N.R (Conseil national de la résistance, 17 membres représentant les différentes organisations résistantes mais aussi les anciens partis politiques et syndicats de la IIIème République : 1ere réunion du CNR le 27 mai 1943. Parallèlement, les forces armées sont regroupées au sein des F.F.I (forces françaises intérieures)

- Mais la Résistance est une mission difficile et dangereuse : victime de la propagande nazie ou vichyste ; arrestations, torture, fusillades ou déportation (1943, Jean Moulin est arrêté à Lyon par Klaus Barbie chef de la Gestapo de Lyon.

Après les différents débarquements et la libération il y a nécessité de bâtir une nouvelle république plus solide.

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