La Révolution Française et l'Empire : nouvel ordre politique et société révolutionnée en France et en Europe - Histoire - 4ème

La Révolution Française et l'Empire : nouvel ordre politique et société révolutionnée en France et en Europe - Histoire - 4ème

Découvrez un nouveau cours d'Histoire Géographie de Quatrième rédigé par notre professeur. Il s'agit d'une fiche sur la Révolution française et l'Empire : un nouvel ordre politique et une société révolutionnée en France et en Europe.

Cette leçon commence par un état des lieux du contexte politique et social. Puis, elle fait un focus sur l'indépendance américaine. Ensuite, la leçon revient en France et fait état des différentes crises de l'époque. Dans une troisième partie, la monarchie parlementaire est abordée, en passant par les réformes et l'échec de sa mise en place. Enfin, un zoom est fait sur la Ière République, de la terreur au consulat en passant par le directoire.

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La Révolution Française et l'Empire : nouvel ordre politique et société révolutionnée en France et en Europe - Histoire - 4ème

Le contenu du document

 

 

Les révoltes et la contestation de la monarchie existent depuis le Moyen Age. Mais cette contestation prend une ampleur inédite sous le règne du roi Louis XVI. 

Problématique : Pourquoi la monarchie est-elle en crise à la fin du XVIIIème siècle ? 

Le document ci-dessous est une gravure, et plus précisément une caricature. Elle date de 1789. Le roi de France est alors Louis XVI (1774-1792). Les caricatures étaient vendues dans des boutiques ou par des colporteurs et achetées par les habitants des villes.  Elle dénonce la société d’Ancien Régime, dans laquelle les ordres privilégiés ne paient pas d’impôts tandis que le Tiers Etat, en particulier la paysannerie, en est accablé.  La bourgeoisie, membre du Tiers-Etat, dénonce également les privilèges car, bien que riche, elle est exclue de nombreux emplois réservés à la noblesse. Elle est anonyme car son auteur risquait la censure, voire l’emprisonnement. 

Caricature des trois ordres de l'Ancien Régime

Un vent venu d’Amérique

La déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique date du 4 juillet 1776. Cette déclaration est très inspirée des idées des Lumières, ainsi le montre la phrase le « juste pouvoir provient du consentement des gouvernés ».  Entre 1776 et 1783, a lieu la Révolution américaine. La Déclaration d’indépendance provoque en effet une réaction de la Grande Bretagne qui entre en guerre contre les Américains révoltés, les « Insurgents ». Après la bataille de Yorktown, le Royaume Uni doit admettre sa défaite et reconnaît l’indépendance des 13 colonies.  La France a aidé les Insurgents par l’envoi de renforts militaires dirigés par le marquis de Lafayette, embarqué sur l’Hermione. Celui-ci racontera ensuite en France les événements d’Amérique.  Ce Régime est totalement nouveau et très différent de la monarchie absolue de droit divin : 

  • C’est une République, il n’y a pas de roi. 
  • Les pouvoirs sont séparés.
  • Il y a des élections (attention, ce n’est pas une véritable démocratie). 

 

Des difficultés dans tous les domaines

Une quadruple crise (1788-1789)

Les crises en France de 1788 à 1789

Les Français rédigent des cahiers de doléances 

C’est dans un climat agité que les Français entreprennent la rédaction des cahiers de doléances et élisent leurs députés : dans chaque paroisse, chaque ordre recueille les principales critiques et propositions de ses membres. Près de 60 000 cahiers de doléances sont rédigés. Ces cahiers font ensuite l'objet d'une synthèse qui est transmise au roi. Si le fonctionnement du régime y est très critiqué, le principe monarchique n’est pas remis en cause. 

Les députés du Tiers-Etat, élu pour la plupart parmi les bourgeois, ont obtenu d’être aussi nombreux que les deux autres ordres réunis. Cependant, leur nombre n’est absolument pas proportionnel à la population de cet ordre. Par ailleurs, le principe du vote par ordre - et non par tête - retenu comme procédure de vote est fortement critiqué par le Tiers-état, et c’est ce qui va mettre le feu aux poudres… 

La Monarchie constitutionnelle (1789-1792) : un bon compromis ? 

L’année 1789 : une révolution politique et sociale

Le 5 mai 1789 : les Etats généraux s’ouvrent à Versailles mais la procédure de vote par ordre bloque toutes les réformes.

17 juin 1789 : Les représentants du TE, considérant qu’ils représentent la majorité de la pop française, se proclament Assemblée nationale, affirmant ainsi de manière révolutionnaire le principe de la souveraineté nationale. Mais le roi ne reconnait pas cette Assemblée et lui ferme la salle de réunion. 

Le 20 juin 1789 :  c’est le Serment du jeu de paume par lequel les députés du 1/3E se promettent de rédiger une constitution pour la France. L’Assemblée devient « Assemblée nationale constituante »  c’est la fin de l’Ancien Régime politique. Le Roi cantonne ses troupes autour de Paris. 

Souveraineté nationale : principe selon lequel la source de l’autorité politique est la nation, formée par l’ensemble des citoyens (plus de sujets). 

Constitution : texte de loi qui organise les pouvoirs au sein d’un Etat. 

Le 14 juillet 1789 : le renvoi de Necker, ministre des finances plutôt populaire déclenche l’émeute. C’est la prise de la Bastille, prison royale et véritable arsenal, par le peuple parisien. Le Roi doit retirer ses troupes + reconnaître la « Commune de Paris » et son maire Bailly ainsi que la « Garde Nationale » - milice de citoyens parisiens- formée par La Fayette. 

En juillet, dans un climat déjà très tendu entre les paysans & leurs seigneurs (nobles ou ecclésiastiques) à propos des droits seigneuriaux (privilèges réservés aux seigneurs, comme le droit de chasse & taxes dues par les paysans à leurs seigneurs), la nouvelle de la prise de la Bastille arrive dans les campagnes. Elle déclenche le mouvement de la « Grande Peur » : les paysans, qui craignent la réaction nobiliaire contre la Révolution, attaquent les châteaux et brûlent les registres des droits seigneuriaux (bcp de nobles émigrent : début de la Contre-Révolution) : Dans un climat de peur, les ordres privilégiés cèdent : l’Assemblée Nationale abolit les privilèges le 4 aout 1789 C’est la fin de la société d’ordres de l’Ancien Régime. 

Le 26 août 1789 : l’Assemblée Nationale adopte la DDHC inspirée par La Fayette. Le Roi refuse de signer tous les documents de l’Assemblée Nationale. 

Le 6 octobre 1789 : Une immense manifestation de femmes venues de Paris arrive à Versailles. Elles réclament du pain et l’acceptation des réformes. Le Roi et sa famille sont contraints d’accepter de signer les décrets de l’A.N et doivent s’installer à Paris, au Palais des Tuileries. 

Un pays réformé dans tous les domaines

Dès 1789, les députés réorganisent le pays : ils créent les départements et communes dirigés par des élus. Pour centraliser le pouvoir entre ses mains, Napoléon va créer les préfets nommés à la tête des départements et il désigne ou fait désigner les maires des communes.

En 1798, la loi Jourdan met en place le service militaire obligatoire.

En 1789, l’assemblée nationale a supprimé les privilèges et mis en place l’égalité devant l’impôt, la justice et l’emploi. En 1804, le code civil fixe le droit entre les personnes.

Les changements sont aussi économiques :

  • suppression des douanes intérieures
  • unification des poids et mesures
  • création du franc germinal
  • liberté des entreprises
  • création du mariage civil et autorisation du divorce

 

L’échec de la monarchie constitutionnelle

14 juillet 1790 : Fête de la Fédération au Champ de Mars. Orchestrée par La Fayette. Le Roi jure fidélité à la monarchie constitutionnelle. MAIS le fragile compromis sur lequel repose ce régime politique va se briser : 10 août 1790, la prise des Tuileries par les Sans-culottes et les Fédérés entraîne la fin de la monarchie. Pourquoi cet échec ? 

  • La fuite du roi, arrêté à Varennes le 21 juin 1791. Il perd la confiance d’une grande partie de la population pour qui cette fuite est une trahison. 
  • La fusillade du champ de mars, 17 juillet 1791. Sur ordre de Bailly, les gardes nationaux tirent sur une foule réunie pour demander la déchéance du roi et l’avènement d’une République. 
  • L’usage abusif du veto, printemps 1792. 20 Avril 92 : l’AN déclare la guerre à l’Empereur d’Autriche - le roi, en lien avec les émigrés, approuve dans l’espoir secret d’une défaite. Mais le pays est menacé. L’armée, mal organisée, subit de nombreuses défaites. Face aux difficultés, l’assemblée adopte plusieurs décrets : création d’un camp de gardes nationaux de toute la France autour de Paris + déportation des prêtres réfractaires, contre-révolutionnaires donc « ennemis de l’intérieur ». Mais le Roi y met son veto. La tension monte sur fond de nouvelles difficultés économiques. Le 25 juillet, arrive à Paris le « Manifeste de Brunswick », ultimatum lancé aux Parisiens pour protéger la famille royale : au lieu de faire taire la révolte, ce document apparaît comme la preuve ultime de la trahison du Roi et va radicaliser la Révolution. Au soir même de la Prise des Tuileries, le Roi est déchu par un décret de l’Assemblée nationale. Une nouvelle assemblée doit être élue au Suffrage universel. 

 

La Première République (1792-1804) : poursuivre ou arrêter la Révolution ? 

La République bascule vers la Terreur

22 septembre 1792 : deux jours après la victoire inespérée de Valmy, la nouvelle assemblée législative appelée « Convention » proclame la République. Elue au SU masculin mais peu représentative. Trois groupes politiques se partagent l’influence : 

  • A gauche, les Montagnards : proches sans-culottes / de leurs préoccupations (valeurs égalitaires, problème prix pain…)
  • A droite, les Girondins : Républicains. Aussi mais plus proche bourgeoisie / attachés aux libertés + qu’à l’égalité. 
  • Au centre, la Plaine : alliance politique. Avec les uns ou les autres selon circonstances. 

 

Dans la Constitution de l’an I (24 juin 1793, jamais appliquée), c’est la Convention qui a le plus de pouvoir. Dans le gouvernement révolutionnaire, devant au départ être temporaire, le pouvoir est confié à 3 institutions qui se partagent le pouvoir exécutif : 

  • Des ministres, sans réel pouvoir.
  • 1 comité de Sûreté Générale qui s’occupe de la police & des tribunaux révolutionnaires.
  • 1 comité de Salut Public dominé par les Montagnards après juin 1793 & en particulier par Robespierre (chute des Girondins / assassinat de Marat par Charlotte Corday partisane des fédéralistes). 

 

Malgré les apparences (suffrage universel, partage théorique des pouvoirs), le fonctionnement du gouvernement révolutionnaire n’est pas démocratique : c’est en réalité le comité de salut public qui a tous les pouvoirs. La pression de rue est très forte. Une justice d’exception a été mise en place : tribunaux révolutionnaires chargés de juger les « suspects ». Juges nommés par la Convention.

Les « suspects » sont tous ceux que le gouvernement révolutionnaire juge « contrerévolutionnaires » à savoir : émigrés, partisans du roi, partisans des Girondins, tous ceux qui ont émis des critiques. Ils sont arrêtés et jugés. Seules sentences : acquittement ou guillotine. A Nantes (Carrier), environ la moitié des prisonniers/condamnés sont noyés. Guerre civile en Vendée. Justice fanatique, de nombreux excès sont commis (35 à 50 000 morts ?). 

 Selon Robespierre, la Terreur est « une conséquence du principe général de démocratie, appliquée aux plus pressants besoins de la patrie » ou « le despotisme de la liberté contre la tyrannie ». Le but est d’imposer la « vertu » par la terreur. 

Les droits naturels ne sont pas respectés : suppression de toutes les libertés : liberté d’expression et liberté religieuse.  

La Convention porte un projet très démocratique, influencé par la philosophie de Rousseau et de Condorcet. La nouvelle DDHC de 1793 ainsi que la nouvelle Constitution en sont le reflet : on y reprend les droits fondamentaux de l’Homme, à savoir la liberté, l’égalité, la sécurité et la propriété. Mais en y ajoutant des droits sociaux tels que le droit au travail ou à une aide de la société en cas de chômage et le droit à l’instruction. En 1794, une loi abolit l’esclavage. La Convention a été élue au Suffrage universel, les juges eux-mêmes selon la Constitution doivent être élus. 

Cependant, très vite une politique de la Terreur niant tous les « droits naturels » et les libertés est mise en place par la « dictature montagnarde ». Elle est selon Robespierre, « le despotisme de la liberté contre la tyrannie », son but est d’établir la « vertu ». En effet, après l’exécution du roi le 21 janvier 1793, la contre-révolution est devenue de plus en plus multiforme et a pris de l’ampleur : une coalition de tous les pays d’Europe menace la France de toutes parts. En Angleterre, la presse se déchaîne contre la République et sa politique de Terreur. En Vendée, nobles et prêtres réfractaires organisent le soulèvement. Des armées de paysans se forment pour défendre le drapeau blanc. Pour combattre ces menaces, un gouvernement révolutionnaire remplace la constitution, dans lequel le Comité de salut public a tous les pouvoirs. Les Montagnards et en particulier Robespierre y ont pris le pouvoir après juin 1793 : les Girondins, jugés trop modérés sont chassés ce qui provoque des révoltes fédéralistes dans toutes les villes de province. Tous les « suspects » c’est a d ire ceux qui ne manifestent pas leur soutien infaillible au régime sont jugés de manière expéditive, la peine de mort est le plus souvent prononcée.  Mais le 27 juillet 1794 ou 9 thermidor an II, inquiets de la dérive fanatique de Robespierre – Danton et Desmoulins, partisans de l’arrêt de la Terreur ont été guillotinés, la victoire de Fleurus a fait reculer l’ennemi -, des députés modérés appelés « thermidoriens » font arrêter et exécuter Robespierre. Ils remplacent la précédente constitution jamais appliquée et créent un nouveau régime appelé « Directoire ». La politique de la Terreur est terminée. 

Du directoire au Consulat : la prise de pouvoir par Napoléon Bonaparte.  

Le Directoire est un régime démocratique. il rétablit un suffrage censitaire restreint, confiant ainsi le pouvoir aux propriétaires, en réaction à 1793. Le partage du pouvoir exécutif entre 5 directeurs est un moyen d’éviter la dérive vers une dictature. Le Directoire est rapidement fragilisé par des mouvements d’opposition. Une opposition à gauche, avec la « Conspiration des Egaux » face à la montée des inégalités sociales, mais aussi à droite avec les royalistes menacent le régime. Seule l’armée parvient à maintenir l’ordre.  Napoléon Bonaparte prend le pouvoir de manière légale.  il organise un coup d’Etat le 9 novembre 1799 et parvient, avec l’appui de son frère, à imposer son pouvoir. 

1804 : Napoléon sacré Empereur, établissement d’un empire autoritaire qui marque un retour à une forme de pouvoir absolu. 

La transformation de l’Europe pendant la période révolutionnaire

Par son occupation de nombreux pays européens, la Révolution a exporté de nombreux principes Révolutionnaires :

  • Disparition de la société d’ordres.
  • Egalité.
  • Code civil.

 

Se propage chez de nombreux peuples européens la volonté d’obtenir + de libertés pol, c’est le libéralisme.

Développement de la conscience des peuples occupés de leur identité, éveil de leur sentiment national donc ceux-ci se détournent des Français et veulent mettre fin à leur occupation ; surtout en Espagne où se développe une véritable guérilla.

Volonté de se dégager de la domination française et de retrouver leur indépendance, d’avoir leur propre Etat d’où le développement du nationalisme dans la majorité des peuples européens.

Sentiment national : conscience pour un peuple d’appartenir à une communauté soudée par la langue, l’histoire ou les traditions.

Libéralisme : doctrine qui prône la défense de la liberté dans tous les domaines d’activité de la personne. L’Etat doit garantir à l’individu les libertés fondamentales (libéralisme politique) et intervenir le moins possible dans l’économie, réglée par la loi du marché 

Nationalisme : idéologie qui revendique qu’une nation a des droits, au 1er rang desquels celui de se gouverner seule dans un Etat indépendant.

En 1815 après la chute de Napoléon, lors du Congrès de Vienne (10/1814 à 6/1815), la carte de l’Europe est redessinée par les puissances victorieuses (chancelier autrichien Metternich, tsar de Russie Alexandre Ier, roi de Prusse Frederik-Guillaume II, 1er ministre anglais Castlereagh  sans l’Empire Ottoman) qui s’accordent des avantages territoriaux tout en évitant 1 trop grande domination de l’un d’entre eux :

La France est ramenée à ses frontières de 1791 (Belgique aux Pays-Bas, Rhénanie à la Prusse, Savoie & Nice au Piémont, Holstein au Danemark).

La Russie, l’Autriche & l’Empire Ottoman sont des empires multinationaux (qui regroupent plusieurs peuples) dans lesquels de nombreux peuples voudraient acquérir leur indépendance (ex. : Roumains en Autriche, Russie& dans l’Empire Ottoman ; Polonais en Russie, Prusse & Autriche car la Pologne est rayée de la carte).

Certains peuples ne sont toujours pas unifiés : Allemands & Italiens sont divisés en de nombreux Etats.

De nombreux peuples se battent pour obtenir soit leur indépendance (ex. : les Grecs contre l’Empire Ottoman ; les Belges contre les Pays-Bas ; les Polonais contre la Russie, l’Autriche & la Prusse), soit leur unification (ex. : Allemands et Italiens).

Fin de l'extrait

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